À quelques heures des retrouvailles entre le Sénégal et la France en ouverture du groupe I de la Coupe du monde 2026, Lamine Camara affiche une confiance mesurée. Conscient du défi qui attend les Lions de la Teranga face à l’une des grandes favorites du tournoi, le milieu de terrain de l’AS Monaco estime néanmoins que cette génération sénégalaise a les moyens de marquer l’histoire à sa manière.
« Pourquoi ne pas créer nos propres souvenirs ? »
Comme tous les Sénégalais, Lamine Camara a grandi avec le récit de l’exploit de 2002, lorsque les Lions avaient battu les champions du monde français (1-0) lors du match d’ouverture du Mondial en Corée du Sud et au Japon.
Une histoire que lui raconte régulièrement une légende du football sénégalais : El-Hadji Diouf.
« Tout ce que je sais de ce match, c’est El-Hadji Diouf qui me l’a raconté. Il ne cesse jamais de m’en parler », explique le milieu sénégalais avec le sourire.
L’ancien attaquant des Lions aime rappeler à la nouvelle génération son statut de héros de 2002 et son Ballon d’Or africain remporté la même année.
« Je lui réponds que j’ai gagné le Ballon d’Or africain des jeunes. Alors il me dit : « Toi, tu es un petit Ballon d’Or, un bébé Ballon d’Or. Tu n’as pas encore vécu ton grand moment. » »
Mais pour Camara, le plus important n’est pas de revivre le passé.
« Il nous raconte tous ses souvenirs du fameux France-Sénégal, mais je lui dis que puisque nous avons la chance de jouer contre la France, pourquoi ne pas créer nos propres souvenirs ? C’est une opportunité d’écrire notre propre histoire. »
Un immense respect pour les Bleus
Le joueur de Monaco ne cache pas son admiration pour l’effectif français, composé selon lui de certains des meilleurs joueurs du monde.
« Affronter la France sera un très grand match. Nous avons tous en tête le souvenir de la rencontre de 2002. »
« Ils ont une véritable équipe avec des joueurs de classe mondiale et ce ne sera pas facile. »
Pour autant, le milieu de terrain de 22 ans refuse toute forme de complexe.
« Nous avons tout ce qu’il faut dans cette équipe du Sénégal pour rivaliser avec n’importe quelle sélection. »
Un duel particulier pour le Monégasque
Installé en France depuis 2023 après son passage au FC Metz puis à AS Monaco, Lamine Camara connaît parfaitement le football français.
Cette affiche revêt donc une dimension particulière pour lui, d’autant plus qu’il retrouvera plusieurs joueurs qu’il côtoie chaque semaine en Ligue 1.
Parmi eux figure notamment Maghnes Akliouche, son coéquipier à Monaco et désormais adversaire sous le maillot bleu.
« Je ne lui fais aucun cadeau à l’entraînement », plaisante Camara. « Quand je fais un tacle, je lui dis : « Prépare-toi, c’est ce qui t’attend à la Coupe du monde. » Les provocations ont déjà commencé. »
Sur les traces de Sadio Mané
Originaire de Diouloulou, en Casamance, Lamine Camara partage de nombreux points communs avec Sadio Mané.
Comme son aîné, il est passé par l’académie Génération Foot avant de rejoindre Metz puis de poursuivre sa progression au plus haut niveau.
Le jeune Lion ne cache pas l’influence majeure du capitaine sénégalais dans son parcours.
« C’est une fierté de partager un terrain et un vestiaire avec Sadio Mané. C’est une légende pour nous. »
« Il me donne toujours des conseils. J’essaie d’observer sa manière de vivre, de travailler et de se comporter avec les autres. Pour nous, les jeunes joueurs, c’est un véritable modèle. »
Un rêve devenu réalité
Issu d’une famille modeste de Casamance, Lamine Camara mesure le chemin parcouru.
« Tout le monde sait qu’il est très difficile de devenir footballeur professionnel au Sénégal. Cela demande énormément de sacrifices. »
Son père souhaitait initialement qu’il poursuive ses études plutôt qu’une carrière dans le football. Mais sa détermination a fini par convaincre sa famille.
Aujourd’hui, le milieu sénégalais est devenu l’une des figures montantes du football africain et l’un des grands espoirs des Lions pour cette Coupe du monde.
Et si l’histoire de 2002 reste gravée dans les mémoires, Lamine Camara espère qu’à l’issue du choc face à la France, le football sénégalais pourra célébrer un nouveau chapitre de son histoire.
« Nous respectons la France et ses grands joueurs. Mais nous avons l’opportunité d’écrire notre propre histoire. »


























