Monaco retrouve Lamine Camara pour son déplacement, samedi, à Toulouse (19h 05 Gmt). Le milieu international sénégalais revient de suspension. Incontournable à l’Asm depuis la saison passée, il devrait croiser la route de l’Equipe de France cet été, lors d’un Mondial qu’il aborde avec de grandes ambitions.
Avec un point pris sur les deux dernières journées, Monaco connaît un coup d’arrêt dans son sprint final. Pour son déplacement à Toulouse samedi à 19h 05, l’Asm pourra compter sur le retour de son joyau, Lamine Camara. «Il n’a pas la reconnaissance qu’il mérite, souligne son expérimenté coéquipier Lukas Hradeck. Depuis son retour de la Coupe d’Afrique des nations (Can), je pense qu’il est l’un de nos meilleurs joueurs. Denis Zakaria joue régulièrement en défense, mais le milieu se porte très bien, et Lamine Camara est l’un de nos joueurs clés dans notre remontée au classement. C’est un plaisir de le voir sur le terrain et dans le vestiaire. Il a du caractère et est un grand joueur pour nous.» A 22 ans et après une ascension express, l’international sénégalais fait donc l’unanimité.
«Franchement, c’est allé trop vite pour moi !»
Formé au Sénégal, Lamine Camara rejoint en 2019 la prestigieuse Académie Génération Foot, avant de faire le grand saut vers l’Europe en 2023. «Franchement, c’est allé trop vite pour moi ! En deux ans, j’ai quitté le Sénégal, je suis passé de Metz à Monaco, et j’ai joué la Ligue des Champions dont je rêvais depuis tout petit», confie-t-il.
Doué et travailleur, le numéro 15 de l’Asm s’est imposé comme un indiscutable aux yeux de son entraîneur, Sébastien Pocognoli. «Il a beaucoup travaillé. Quand je suis arrivé, il était blessé, mais lorsqu’il est revenu à l’entraînement et dans le onze, on a senti directement son impact. Il s’entraîne tous les jours comme un grand professionnel. C’est un joueur ambitieux, avec de grandes qualités», indique le coach belge.
Parmi ces qualités, une frappe de balle qui lui confère les coups de pied arrêtés de l’équipe. Son pied droit s’était une première fois illustré au Stade Louis-II en octobre 2023. Alors sous les couleurs Metz, Camara avait inscrit un lob de 58 mètres, avant de signer, quelques mois plus tard, pour cinq ans à Monaco.
La dernière Can «ne donne pas une bonne image du football»
Combatif et travailleur, le natif de Diouloulou déborde d’énergie. Parfois trop, à l’image de son tacle rugueux sur le Parisien Lucas Chevalier en début de saison. Ses qualités ont néanmoins fait de lui un taulier de sa sélection. «Il est devenu un grand nom dans son pays. Il apprend à passer ce cap. Mais il est revenu de la Can avec la même humilité, la même soif de travail», constate Pocognoli.
«On a tout fait pour gagner ce trophée», rembobine Camara, mais «je ne dirais pas qu’on est fiers, parce que ça ne donne pas une bonne image du football».
Son capitaine, Denis Zakaria, reste malgré tout dithyrambique : «Ce que Lamine Camara réalise cette saison, c’est incroyable ! Déjà l’année précédente, il nous l’avait montré. C’est un joueur fantastique, qui a une grande carrière devant lui.»
Des grands d’Europe lui font en effet les yeux doux, mais Camara se concentre sur les prochains mois qui s’annoncent cruciaux dans sa vie de footballeur.
«On a tout ce qu’il faut : de l’expérience, de la jeunesse… Tout pour gagner la coupe !»
Lamine Camara a participé à tous les matchs du parcours sénégalais lors de la dernière Can. Il devrait normalement disputer sa première Coupe du monde cet été (11 juin-19 juillet). Le milieu monégasque se souvient de la dernière édition et du huitième de finale des Lions de la Teranga contre l’Angleterre : «J’étais à Génération Foot, je l’ai regardé à la télé avec mes potes, c’était historique.»
Mais c’est à son tour d’écrire l’histoire de son pays. «En ce moment, nous sommes prêts à affronter n’importe quelle équipe. On y croit, avec tout le talent qu’on a au Sénégal. On a tout ce qu’il faut : de l’expérience, de la jeunesse… Tout pour gagner la coupe ! Il faut être ambitieux», lance-t-il.
Pour commencer leur Mondial, les Sénégalais affronteront la France, le pays d’adoption de Lamine Camara. Il y croisera peut-être la route de son coéquipier Maghnes Akliouche : «Parfois, on se titille dans le vestiaire ou à l’entraînement. Quand je lui mets des coups, je lui dis : «Prépare-toi pour la Coupe du monde».


























