Une nouvelle expérience attend Sadio Mané. Vainqueur de la Ligue des champions, double Ballon d’Or africain, champion en Angleterre, en Allemagne, en Autriche et en Arabie Saoudite, et bien sûr champion d’Afrique… l’attaquant sénégalais a presque tout gagné. Pourtant, disputer un match à élimination directe en Coupe du monde est un privilège qui lui avait jusqu’ici échappé.
En 2018 en Russie, le Sénégal avait été cruellement éliminé dès la phase de groupes à cause du classement du fair-play. En 2022 au Qatar, c’est depuis l’infirmerie, blessé, que Mané avait vu ses coéquipiers se hisser en huitièmes de finale. Aujourd’hui, en Amérique du Nord, son moment est enfin venu. Ce mercredi, les Lions affronteront la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Et son rôle, lui, reste inchangé.
Mané veut porter le Sénégal vers les sommets
Même à 34 ans, pour ce qui sera très probablement son dernier Mondial, Sadio Mané porte toujours les espoirs de tout le peuple sénégalais sur ses épaules. Certes, l’ancien attaquant de Liverpool et du Bayern Munich « n’est plus aussi vif qu’à ses 25 ans », comme le souligne son illustre aîné El Hadji Diouf. Mais l’ancien international ajoute aussitôt : « Avec lui sur le terrain, nos chances de gagner un match grimpent à 60 %. »
Ce n’est plus seulement parce que Mané peut débloquer une situation par un éclair de génie, comme à l’époque où il est devenu une légende chez les Reds. C’est avant tout parce qu’il montre la voie en tant que leader et modèle. Après le dernier match de poule contre l’Irak, le sélectionneur Pape Thiaw ne tarissait pas d’éloges à son sujet, affirmant qu’il pourrait « presque écrire un livre sur lui » : « Il fait vraiment des choses extraordinaires. »
Chez les quarts-de-finalistes du Mondial 2002, tout le monde semble avoir accepté que Sadio Mané ne soit plus là pour enchaîner les exploits individuels ou les passements de jambes foudroyants. En revanche, il s’est totalement mis au service du collectif. « Il est là pour l’équipe, il pèse sur le jeu, il est le leader technique de ce groupe », explique Pape Thiaw. « Sadio est un véritable exemple pour l’ensemble du football africain et mondial. »
Un guide pour la nouvelle génération
Son rôle est d’autant plus crucial pour encadrer la relève des Lions de la Téranga. À l’instar de la Belgique, son futur adversaire, où la génération dorée des Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku touche à sa fin, le Sénégal a entamé sa transition. Alors que des cadres historiques comme Sadio Mané, le défenseur central Kalidou Koulibaly (35 ans) ou le recordman de sélections Idrissa Gana Gueye (36 ans) s’apprêtent à tirer leur révérence, de jeunes talents pointent déjà le bout de leur nez, à l’image du prometteur Ibrahim Mbaye (18 ans).
Pour ces jeunes joueurs, il est primordial de voir leur capitaine afficher une sérénité à toute épreuve. « S’ils me voient détendu, concentré et prêt dès le coup d’envoi, ils suivront mon exemple », confiait Mané par le passé. Son leadership naturel et son autorité, notamment illustrés lors des moments de haute tension sur le continent, lui valent un immense respect sur la scène internationale.
De son côté, le numéro 10 des Lions avance avec une détermination inébranlable : « Quand ma carrière touchera à sa fin, je ne veux avoir aucun doute sur ce que j’ai accompli pour mon pays », a déclaré Mané. Jouer pour le Sénégal est pour lui bien plus qu’un simple match de football : « C’est une mission. » Une ultime mission qu’il compte bien mener le plus loin possible.






















