Jamais parvenu à s’imposer au Paris FC en Ligue 2, le Sénégalais Nobel Mendy s’est relancé sous le soleil espagnol. À tel point que Hull City, promu en Premier League, vient de débourser 25 millions d’euros pour s’attacher ses services… Une aubaine pour le Rayo Vallecano, qui venait de recruter définitivement le joueur pour seulement 3,5 M€.
Son sourire presque candide à côté de Kalidou Koulibaly, le 23 mars, trahissait son émotion : Nobel Mendy touchait du doigt son rêve. Pas seulement celui de côtoyer l’emblématique capitaine de la sélection sénégalaise, son modèle d’enfance, mais avant tout celui d’enfiler pour la première fois, à 21 ans, le maillot des Lions de la Teranga. Après tant de péripéties, l’heure de l’enfant de Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, était enfin venue.
Venu s’installer en France à onze ans, Nobel Mendy a fait ses classes en Normandie avant de rejoindre la région parisienne, où une courte pige dans les catégories jeunes du FC Mantois lui a ouvert les portes du centre de formation du Paris FC, en 2021, à l’âge de 17 ans.
Dans le club de la capitale, le jeune défenseur intègre d’abord les rangs des U19, puis ceux de l’équipe réserve, en National 3. Au cours de sa deuxième saison à Paris, le Sénégalais effectue timidement ses premiers pas au niveau professionnel : une entrée en toute fin de match, lors de la rencontre de Ligue 2 remportée face à Pau (1-0), le 26 décembre 2022. Après cela ? Rien. Nobel Mendy retourne en réserve et ne dispute que six matches en quatre mois.
Un contrat pro… puis un départ
Pour autant, le PFC mise sur le bonhomme et lui offre un premier contrat pro. Prometteur, le solide gaucher (1,87 m) entre même dans la rotation du nouvel entraîneur, Stéphane Gilli, au début de l’exercice 2023-2024 en L2. Seulement trois apparitions en pro dans les jambes, et le jeune central a déjà tapé dans l’oeil du Betis Séville, désireux de l’attirer au plus vite via un prêt avec option d’achat.
Mais Nobel Mendy ne goûte pas tout de suite aux joies de la Liga. Le Sénégalais est envoyé, encore, en équipe réserve… en quatrième division espagnole. Hormis une titularisation inattendue pour un match de Coupe du Roi, quatre mois après son arrivée, il se contente de rares convocations sur le banc du groupe pro, sans jamais être lancé en Championnat. L’été venu, le Betis consent pourtant à débourser près d’un million d’euros pour activer l’option d’achat dont il disposait.
Dans un rôle flou, entre l’équipe première et la réserve, Mendy peine toutefois à s’imposer dans le club andalou et découvre le poids de la solitude : « Avant le football, il y a la famille. Pour moi c’est le plus important. Quand tu es si jeune et que tu vis seul comme ça, parfois c’est très dur, tu as besoin que tes proches soient à tes côtés pour te soutenir », confie à El Desmarque le jeune défenseur, fils d’un mécanicien et d’une agente d’entretien d’origine bissau-guinéenne.
À la conquête de l’Europe
Au coeur de la défense des Verdiblancos, les cadres espagnols Marc Bartra et Diego Llorente le prennent alors sous leur aile et l’aident à progresser tactiquement. Loin d’être maladroit balle au pied, le jeune sénégalais avait déjà entrepris un important travail pour se renforcer sur l’aspect physique à son arrivée en Espagne.
À force de travail et de patience, il devient une option pour Manuel Pellegrini, qui le titularise pour la réception du Legia Varsovie en Ligue Conférence, début octobre 2024. Malgré la défaite en Pologne (1-0) pour ses débuts en Coupe d’Europe, il a mis le pied dans la porte.
Nobel Mendy retrouve la C4 sept mois plus tard, lors de la demie retour sur la pelouse de la Fiorentina (2-2), où les Espagnols décrochent leur billet pour la finale. Un revers (défaite 4-1 contre Chelsea) durant lequel le Sénégalais – pourtant titularisé entre-temps contre l’Atlético de Madrid et entré en jeu face au Valence CF en Liga – est laissé sur le banc. En quête de temps de jeu, il lorgne les opportunités à l’étranger durant le mercato estival 2025, avant d’atterrir en prêt au Rayo Vallecano, en périphérie de Madrid.
L’heure de l’éclosion
Souvent associé au Français Florian Lejeune en charnière centrale, l’ancien du PFC ne tarde pas à devenir l’un des hommes forts de l’effectif d’Inigo Pérez. Titularisé à 22 reprises en Liga en 2025-2026, il ne marque cependant pas de son empreinte l’épopée en Ligue Conférence : jamais aligné dans le onze de départ, il ne participe qu’à trois rencontres européennes, dont la finale perdue, encore, face à des Londoniens (remportée 1-0 par Crystal Palace).
Malgré cette déconvenue, le défenseur de 21 ans a effacé un doute qui l’accompagnait de longue date : il est en mesure de performer au plus haut niveau. De quoi attirer l’attention du sélectionneur Pape Thiaw, qui lui offre sa première cape face à la Gambie, fin mars. De quoi, surtout, convaincre le Rayo Vallecano d’acquérir définitivement le nouveau Lion de la Teranga en début d’été, en échange de 3,5 millions d’euros.
Une dépense toutefois insuffisante à décourager Hull City, promu en Premier League et bien décidé à sortir le chéquier. En dégainant une offre de 25 M€, les Tigers n’ont pas eu de mal à faire plier les dirigeants espagnols. Ces derniers reverseront au Betis Séville 20 % de la plus-value réalisée sur la revente du joueur, qui évoluait encore en D4, deux ans auparavant. Si souvent déréglée au fil de son début de carrière mouvementé, la boussole de Nobel Mendy a, enfin, trouvé le nord : son avenir s’écrira désormais outre-Manche.

























