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Patrick Vieira va faire son baptême du feu en tant qu’entraîneur de l’équipe nationale du Sénégal dans quelques jours. Le technicien français fera ses premiers pas à la tête des Lions vendredi à Maputo, face au Mozambique, avant un déplacement en Éthiopie le 29 septembre, puis un match amical contre les Comores, le 4 octobre à Marseille. Trois rendez-vous qui permettront au nouveau sélectionneur de poser les premières bases de son projet et, surtout, de donner un premier aperçu de ses choix tactiques.

Quel système pour Vieira ?

​Depuis plusieurs années, le Sénégal s’est appuyé principalement sur deux organisations tactiques, à savoir le 4-3-3 et le 4-2-3-1. Deux systèmes qui ont permis aux Lions d’obtenir leurs meilleurs résultats et qui ont également constitué la base du travail de Pape Thiaw lors de la CAN Maroc-2025 et de la Coupe du monde 2026.

​Sous Thiaw, le Sénégal avait affiché des séquences de jeu plus séduisantes, malgré une campagne mondiale qui ne s’est pas conclue comme espéré. Vieira conservera-t-il cette continuité ou cherchera-t-il à imprimer rapidement sa marque ?

​Le choix du système sera l’un des premiers indicateurs de la philosophie du technicien français. Avec son expérience en club et son profil de technicien attaché à l’équilibre entre maîtrise du ballon et intensité, Vieira pourrait être tenté d’apporter quelques ajustements. Reste à savoir jusqu’où il ira dans la transformation.

Une redistribution des cartes ?

​Le nouveau sélectionneur ne manque pas de raisons de revoir sa copie. Pour les deux premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2027, plusieurs cadres manqueront à l’appel. Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye, notamment, seront absents, tandis que d’autres joueurs comme Sadio Mané, Jakobs, Krépin Diatta et Édouard Mendy ne figurent pas dans le groupe.

​Ces absences offrent mécaniquement davantage de responsabilités à certains habitués, mais aussi une fenêtre aux nouveaux venus. Vieira devra ainsi composer entre les joueurs qui connaissent déjà les exigences de la Tanière et ceux qui vont découvrir pour la première fois l’environnement international sénégalais.

​Le sélectionneur dispose donc d’une occasion de tester de nouvelles associations et, peut-être, de modifier certaines hiérarchies.

Dans les buts, une nouvelle hiérarchie à établir

​Le poste de gardien sera particulièrement scruté. Avec la retraite internationale d’Édouard Mendy, le Sénégal doit désormais identifier son nouveau numéro un.

​Dans la hiérarchie précédente, Mory Diaw occupait la position de doublure. Vieira suivra-t-il cette logique ou décidera-t-il de rebattre complètement les cartes ?

​Les performances récentes de Yehvann Diouf alimentent en tout cas le débat. Le gardien de Nice a notamment réalisé sept arrêts lors de la victoire contre Lille (2-1), la semaine dernière. De quoi renforcer sa candidature dans une concurrence qui s’annonce ouverte. Derrière eux, Ngagne Demba Thiam, qui évolue à Monza en Italie, et Mamour Ndiaye, pensionnaire de Saint-Étienne en Ligue 2, découvrent la Tanière. Deux profils qui auront l’occasion de se faire une place dans la nouvelle hiérarchie.

La défense, le chantier prioritaire ?

​C’est probablement dans ce secteur que les premières décisions de Vieira seront les plus observées. La défense sénégalaise avait montré certaines fragilités lors de la Coupe du monde, notamment en raison du manque de compétition de certains éléments, à l’image de Kalidou Koulibaly, mais aussi du manque d’alternatives immédiatement disponibles au très haut niveau.

​Face à cette situation, le nouveau sélectionneur pourrait être amené à expérimenter. Le groupe convoqué présente une particularité. Sur les neuf défenseurs appelés, sept sont des défenseurs centraux avec les présences de Nobel Mendy, Malang Sarr, Sadibou Sané et Arona Sanganté, entre autres. À l’inverse, seuls deux véritables latéraux de métier figurent dans la sélection. Il s’agit d’El Hadji Malick Diouf et Lamine Sy.

​Une configuration qui pose nécessairement la question de la complémentarité des profils. La polyvalence de certains joueurs pourrait être sollicitée pour équilibrer une ligne défensive qui manque de spécialistes sur les côtés.

Le milieu, la continuité avant tout

​Au milieu de terrain, Vieira devrait avoir moins de bouleversements à effectuer. Hormis l’absence de Pathé Ciss et le comeback de Rassoul Ndiaye, le technicien français a reconduit l’essentiel des noms présents lors de la Coupe du monde. La matière première est donc connue. Le chantier pourrait davantage concerner l’animation que les hommes.

​Vieira pourrait ainsi conserver une base à trois milieux dans un 4-3-3 ou privilégier un double pivot dans un 4-2-3-1. Dans les deux cas, l’enjeu sera de trouver les complémentarités permettant au Sénégal de conserver son équilibre tout en donnant davantage de liberté à ses joueurs offensifs.

En attaque, les cartes sont à redistribuer

​C’est certainement le secteur qui devrait connaître le plus de changements. Privé de Sadio Mané pour des raisons physiques, d’Ismaïla Sarr, suspendu, et d’Iliman Ndiaye, Vieira devra recomposer une attaque largement différente de celle utilisée par ses prédécesseurs. Dans ce contexte, Nicolas Jackson apparaît comme l’un des points d’appui possibles du nouveau dispositif. Reste désormais à déterminer quels joueurs l’accompagneront. La concurrence s’annonce ouverte entre Assane Diao, Ibrahim Mbaye, Abdallah Sima, Boulaye Dia, Issa Soumaré, Mamadou Diakhon et Pape Moussa Fall.

​Pour certains, il s’agira de confirmer leur statut. Pour d’autres, comme les nouveaux venus, l’objectif sera de saisir immédiatement leur chance.

Trois matches pour poser les premières fondations

​Mozambique, Éthiopie, puis Comores, les trois premières sorties de Patrick Vieira à la tête du Sénégal permettront de commencer à répondre aux nombreuses interrogations qui entourent sa prise de fonction.

​Vieira dispose d’un groupe qui connaît déjà une partie de ses repères, mais aussi de plusieurs nouveaux visages. Ses premiers choix seront donc scrutés autant sur les résultats que sur les tendances qu’ils permettront de dégager.

​À Maputo, le Sénégal ne lancera pas seulement sa campagne des éliminatoires de la CAN-2027. Les Lions ouvriront également une nouvelle séquence de leur histoire, avec un nouveau sélectionneur appelé à construire sa propre équipe.

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