Après quatre mois de vacances, la Ligue 1 s’apprête à reprendre ses droits. La Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) a fixé le coup d’envoi de la nouvelle saison au 3 octobre, après avoir publié, depuis près d’un mois, le calendrier et les dates des différentes journées. Mais à quelques jours de la reprise, un club souhaite revoir le calendrier établi. Le Jaraaf, par la voix de son président Cheikh Seck, a officiellement saisi la LSFP pour demander le report du démarrage du championnat jusqu’à nouvel ordre.
Le Jaraaf bloqué par une interdiction de recrutement
À l’origine de cette demande, la situation administrative du club de la Médina. Le Jaraaf fait l’objet d’une interdiction de recrutement prononcée par la FIFA, liée au non-respect de certaines obligations dans plusieurs opérations de transfert, notamment concernant le versement d’indemnités de solidarité à des clubs par lesquels sont passés certains joueurs transférés par le club.
Une sanction qui empêche actuellement le Jaraaf d’enregistrer ses nouvelles recrues. Problème : le club a été particulièrement actif sur le marché des transferts et compte une dizaine de nouveaux joueurs dans son effectif. Le club de la Médina a également changé d’entraîneur avec l’arrivée de Sellé Dieng, en provenance de Wally Daan.
Pour Cheikh Seck, qui est également vice-président de la Fédération sénégalaise de football, le championnat ne devrait donc pas démarrer dans ces conditions. Selon sa requête, il serait plus conforme à l’éthique sportive d’attendre que le Jaraaf puisse enregistrer ses recrues avant de lancer la compétition.
Des présidents de clubs vent debout contre un report
Cette demande ne fait cependant pas l’unanimité dans les rangs des clubs. Interrogés par Dsports, certains présidents estiment qu’un éventuel report constituerait un précédent difficilement acceptable.
Ces dirigeants rappellent que plusieurs clubs ont déjà engagé des dépenses importantes pour préparer la saison, notamment en matière de recrutement, de salaires, de stages et de regroupements. Certains ont même placé leurs équipes en regroupement fermé afin d’être prêts pour le coup d’envoi du 3 octobre, conformément au calendrier publié par la LSFP. Pour eux, reporter la compétition pour permettre au Jaraaf de régler sa situation administrative reviendrait à faire supporter aux autres clubs les conséquences d’un problème qui ne les concerne pas.
« Le Jaraaf a été sanctionné parce qu’il a fauté. L’addition ne doit pas être payée par les autres clubs », résume, en substance, l’un des présidents interrogés. Au-delà du Jaraaf, ces dirigeants soulignent également que le club de la Médina n’est pas le seul pensionnaire de Ligue 1 concerné par une interdiction de recrutement. L’AS Pikine et l’US Gorée sont également sous le coup d’une sanction similaire et ne peuvent, pour l’instant, enregistrer leurs nouvelles recrues tant que leur situation n’est pas régularisée.
La LSFP face à un choix délicat
La balle est désormais dans le camp de la Ligue sénégalaise de football professionnel. Doit-elle maintenir le calendrier et lancer la saison le 3 octobre, malgré la situation du Jaraaf, de l’AS Pikine et de l’US Gorée ? Ou accéder à la demande de Cheikh Seck et repousser le coup d’envoi ?
La décision de la LSFP est particulièrement attendue. Car derrière cette bataille de calendrier se pose une question plus large : faut-il adapter le calendrier de toute une compétition aux difficultés administratives de quelques clubs ? La réponse de la Ligue pourrait rapidement tomber et donner le ton d’une saison qui, avant même son coup d’envoi, s’annonce déjà mouvementée.

























