Alors que le Tribunal arbitral du sport (TAS) tient son audience à huis clos ce jeudi 8 octobre à Lausanne au sujet du litige entourant la finale de la CAN, l’ancien international camerounais et consultant pour RFI, Joseph-Antoine Bell, a livré son analyse sur cette affaire opposant le Sénégal au Maroc.
Alors que les deux nations plaident leur cause, Joseph-Antoine Bell souligne la complexité de ce dossier qui oppose la légalité réglementaire à la morale sportive.
« Accepter le résultat si l’on a accepté de jouer »
D’un côté, le Maroc s’appuie sur le départ temporaire du terrain par la sélection sénégalaise pendant une douzaine de minutes pour invoquer un abandon et réclamer une victoire sur tapis vert. Sur le plan strictement juridique, l’expert estime que les dirigeants marocains sont dans leur droit de porter une réserve. Néanmoins, il critique l’attitude générale de vouloir remporter un trophée hors du terrain : « Au regard de l’esprit du jeu, si vous avez accepté de jouer, vous devriez accepter le résultat qui en découle », rappelle-t-il, déplorant une démarche purement administrative.
Le rôle crucial et humain de l’arbitre
Du côté sénégalais, l’argument repose sur le fait que l’arbitre n’a jamais sifflé la fin définitive de la rencontre mais a au contraire autorisé la reprise du match, accepté par le Maroc. Pour Bell, l’arbitre a géré la situation de manière humaine pour éviter tout drame dans le stade ou débordement majeur : « Humainement, il n’était possible à aucun homme d’arrêter le match à ce moment-là […] Dire ça au public aurait causé encore plus de dégâts ».
Erreur d’impulsivité du staff
L’ancien gardien des Lions Indomptables est également revenu sur le comportement du staff sénégalais au moment des faits, qualifiant la décision d’interrompre momentanément le jeu d’acte impulsif de la part de l’entraîneur. Il a toutefois tenu à souligner la dignité du sélectionneur sénégalais, qui avait publiquement présenté ses excuses dès la conférence de presse d’après-match.
Le verdict final du TAS, très attendu par le peuple sénégalais et le monde du football africain, sera rendu ultérieurement après l’étude des plaidoiries des deux parties.
























