Accrochée par l’AJEL de Rufisque (0-0) lors de la 2e journée de Ligue 1, Génération Foot a ramené un point précieux du stade Ngalandou Diouf. Dans un entretien accordé à nos confrères de DSports.sn, le technicien des Grenats, Boubacar Gadiaga, est revenu sur cette rencontre. Mais au-delà de la prestation sportive, c’est l’état critique des infrastructures qui a cristallisé sa colère.
Un point arraché au courage face à un valeureux adversaire
Après avoir réussi des débuts tonitruants en écrasant l’AS Pikine (3-0) lors de la première levée, Génération Foot a été freinée sur la pelouse de l’AJEL de Rufisque. Un score de parité (0-0) qui satisfait globalement le coach de Déni Birame Ndao, même si la physionomie de la rencontre laisse entrevoir des regrets.
« C’est un bon point. Le fait de venir prendre un point ici, c’est synonyme de courage, d’abnégation. On est venus très ambitieux, on a trouvé un adversaire très courageux et bien organisé », a analysé Boubacar Gadiaga au terme de la rencontre, saluant la réaction tactique des Rufisquois par rapport à leur sortie inaugurale.
Sur le plan du jeu, les Académiciens ont péché dans l’utilisation du ballon, notamment en première période :« On a voulu faire du jeu, mais on a eu beaucoup de difficultés par rapport à l’adversité, au terrain et à nous-mêmes. Souvent, on est pressé d’aller vite alors que ça ne s’imposait pas. On a confondu vitesse et précipitation », a-t-il regretté, tout en louant la fraîcheur physique et l’engagement de son groupe en fin de match.
« Les terrains ne sont pas des partenaires » : Le plaidoyer fort de Gadiaga
Mais le point fort de la sortie médiatique du technicien réside dans sa charge virulente contre l’état des pelouses dans le championnat sénégalais. Pour Gadiaga, le football pratiqué au Sénégal souffre d’un mal profond qui handicape l’expression technique des joueurs.
« C’est un métier, le football. Et il est très difficile, particulièrement au Sénégal, parce que les terrains ne sont pas des partenaires. Ce sont des terrains très, très difficiles », a asséné l’entraîneur de Génération Foot.
Comparant la pelouse de Rufisque avec les installations de son club à Déni Birame Ndao — l’un des rares joyaux du championnat —, il déplore un contraste saisissant :« Chez nous, on est à l’aise parce que le terrain est bon. Si on avait dix-huit terrains comme ça au Sénégal, tout le monde se régalerait. Mais malheureusement, on n’en a qu’un seul. Le reste, c’est très difficile pour produire du jeu. »
Vendre notre football : un défi impossible dans ces conditions ?
Allant plus loin dans son analyse, Boubacar Gadiaga a mis en lumière l’impact négatif de ces infrastructures vétustes sur l’image et la compétitivité du football local. Selon lui, le spectacle proposé ne peut attirer ni les investisseurs ni les diffuseurs :
« On ne peut pas vendre notre football comme ça. Si on vend des matchs pareils, ce n’est pas un match qu’on vend. C’est débridé, c’est très physique, on ne voit pas le jeu comme on doit le voir. C’est dommage pour notre football. Aujourd’hui, même dans des pays moins avancés que nous, les terrains sont nickels. Malheureusement, nous, on joue encore sur des terrains comme ça. Et pire encore, quand je rentre dans le vestiaire, c’est une catastrophe. »
Face à cette situation alarmante, le technicien lance un appel pressant aux instances dirigeantes : « Si on veut avoir de bons matchs comme ça, il faut les mettre sur de bons terrains. La Ligue doit travailler sur ça. »
Un avertissement de taille qui relance, si besoin en était, le débat crucial sur la qualité des infrastructures et l’attractivité de la Ligue 1 sénégalaise.


























