Suspendus pour une durée de deux ans par la Fédération sénégalaise de Football (Fsf), le président de la commission centrale des arbitres, Badara Mamaya Sène, et son adjoint, Amadou François Guèye, se sont radicalisés en appelant au boycott des matches du championnat national. Pour ce faire, ils ont demandé à tous les arbitres de ne plus officier pour les compétitions programmées par l’instance dirigeante du sport-roi dans notre pays. Un boycott qui risque de paralyser le reste du championnat national puisque aucun match des ligue 1 et 2 ne peut se tenir sans les arbitres. Lesquels sont regroupés au sein d’une commission centrale des arbitres du Sénégal.
Le mouvement d’humeur des hommes en noir est donc mortel pour les compétitions officielles, surtout quand on sait que la Fédération sénégalaise de Football, dirigée par l’avocat Me Augustin Senghor, n’entend pas revenir sur les sanctions infligées à MM. Sène et Guèye. Et ce même si on sait que M. Saër Sekc, président du club de football les « Diambars » a entrepris une médiation entre la Fédération et les arbitres suspendus. Lesquels, encore une fois, ont bénéficié d’une solidarité de leurs pairs. Seulement voilà, pensant paralyser les championnats de Ligue 1 et 2, ces arbitres boycotteurs avaient compté sans l’existence d’arbitres d’un genre particulier. Notamment, ils n’avaient pas compté avec le concept Armée / Nation, c’est-à-dire la politique de solidarité citoyenne qui veut que les militaires viennent en assistance aux populations civiles notamment dans les domaines sociaux comme la santé, l’éducation, la réalisation d’infrastructures communautaires etc.
Un autre aspect consiste à prendre le relais de civils qui veulent paralyser des activités vitales pour la Nation. On se rappelle ainsi qu’en 1997, lors d’une longue grève générale des travailleurs de la défunte Sotrac (Société des transports en commun du Cap-vert), qui avait paralysé les activités dans toute la capitale, le président Abdou Diouf avait réquisitionné l’Armée pour remplacer les grévistes. Ce sont donc des chauffeurs militaires qui avaient pris le relais des équipages civils pour conduire les autobus et activer le réseau de la Sotrac. Et ce, avec la complicité de gendarmes faisant office de receveurs. Face à cette situation inattendue, les syndicalistes de la Sotrac avaient fini par manifester leur volonté de mettre fin à leur mouvement de grève. Et c’est certainement en souvenir de cette « jurisprudence Sotrac » que deux sous-officiers du bataillon des sports nous ont contactés, histoire de nous faire savoir que l’Armée a suffisamment d’arbitres de haut niveau pouvant remplacer les arbitres grévistes si on fait appel à eux. Pour donner la preuve qu’ils sont suffisamment qualifiés pour officier lors des compétitions de ligue 1 ou 2, nos interlocuteurs nous renvoient aux compétitions inter-corps au cours desquelles les arbitres militaires et gendarmes font de brillantes prestations. Et ce dans toutes les disciplines. Outre le bataillon des sports regroupant des moniteurs en matière d’arbitrage, l’on nous dit que, dans toutes les zones militaires, il y a des arbitres qualifiés prêts à se substituer aux collègues de Badara Mamaya Sène pour siffler le reste des matches du championnat national.
L’Armée peut-elle voler au secours du football sénégalais menacé par le boycott de ses arbitres ? À en croire une source de la Dirpa (Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées), l’Armée sénégalaise s’active dans tous les domaines. « En matière de sport, il y a des moniteurs qui forment les arbitres dans toutes les disciplines. Je pense, cela dit, que la crise au sein de la Fédération sénégalaise de football n’a pas encore atteint son paroxysme au point de justifier un recours à l’Armée.
Mais si tel devait être le cas, il suffirait seulement que la Fédération saisisse officiellement l’état-major général des Armées pour que le bataillon des sports mette à la disposition des différentes ligues de football des arbitres militaires. Mais bon, souhaitons que le conflit entre la Fédération et la Commission centrale des arbitres soit réglé au plus vite, afin que M. Augustin Senghor n’en arrive pas à recourir aux militaires… » nous explique une source de la Dirpa.
Une chose est sûre : si la Cca persiste et signe dans sa volonté de continuer le boycott des compétitions organisées par la Fédération sénégalaise de football, alors, elle doit s’attendre à voir les militaires siffler le reste du championnat pour sauver la saison !
LeTémoin






















