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Vingt-quatre ans après le mythique exploit de 2002, le Sénégal retrouvait la France pour son entrée en lice dans cette Coupe du Monde 2026. Si le peuple sénégalais rêvait d’un nouveau séisme, les réalités du terrain et le génie tactique de Didier Deschamps en ont décidé autrement. Malgré une première période pleine de promesses et de regrets, les Lions de la Teranga se sont inclinés (3-1) face à des Bleus portés par un Kylian Mbappé historique.

Le contexte : La rage d’une injustice à évacuer

C’est avec un sentiment de révolte légitime que le Sénégal avançait vers ce choc. Privés administrativement en mars dernier de leur titre de la CAN glané sur le terrain, suite à l’imbroglio du match contre le Maroc et la décision de Pape Thiaw de retirer ses joueurs, les Lions abordaient ce Mondial avec une rage de vaincre décuplée. En face, la France de Didier Deschamps entamait sa « dernière danse », le sélectionneur tricolore cherchant à clore son immense mandat par un troisième sacre mondial personnel.

Pour ce faire, Pape Thiaw alignait son 4-3-3 classique avec Édouard Mendy dans les buts, une charnière Koulibaly-Niakhaté, et le trident offensif Mané-Jackson-Sarr pour faire trembler la défense française. Deschamps, de son côté, optait pour un 4-2-3-1 ultra-offensif mais déséquilibré sur le papier, alignant Olise, Dembélé, Doué et Mbappé en pointe.

Première période : Le plan de Pape Thiaw a frôlé la perfection

Durant les 45 premières minutes, le plan tactique du Sénégal a totalement paralysé les champions du monde 2018. Organisés dans un bloc médian en 4-4-2/4-2-3-1 très compact, avec Lamine Camara harcelant haut aux côtés de Nicolas Jackson, les Lions ont complètement bouché l’axe. Les transmissions françaises étaient latérales, prévisibles et sans danger.

Mieux encore, le Sénégal s’est montré tranchant en transition. Profitant d’une « sécurité arrière » très poreuse des Bleus, les Lions ont multiplié les contres fulgurants. Juste avant la pause fraîcheur, El Hadji Malick Diouf profitait d’un ballon gratté dans les pieds de Mbappé pour lancer Nicolas Jackson. L’attaquant de Chelsea laissait Upamecano sur place avant de frapper dans un angle fermé : le ballon battait Maignan, heurtait le poteau, rebondissait sur la jambe du gardien avant de filer en corner. Un immense frisson.

Dans le temps additionnel de la première période, sur un nouveau dysfonctionnement du pressing français, Lamine Camara héritait du ballon dans l’espace et décalait Ismaïla Sarr. Malheureusement, la tentative de l’ailier sénégalais fuyait le cadre. À la pause (0-0), la France n’avait rien créé, et le Sénégal pouvait nourrir des regrets.

Le tournant : Le coup de maître tactique de Deschamps

Souvent critiqué pour son pragmatisme, Didier Deschamps a prouvé pourquoi il était un redoutable stratège de tournoi. Il ne lui aura fallu que quinze minutes dans les vestiaires pour corriger le tir. Sans faire de changement de joueurs, il a réorganisé son animation : Ousmane Dembélé a été repositionné sur l’aile droite, tandis que Michael Olise a reçu les clés du jeu en meneur de jeu axial. De plus, Aurélien Tchouaméni est remonté d’un cran au milieu pour fixer le bloc sénégalais.

Ce réajustement a tout changé. En étirant le jeu, la France a forcé le bloc sénégalais à s’ouvrir. Les Lions, fatigués par les efforts de la première mi-temps, ont commencé à courir après le ballon.

Mbappé dans l’histoire, la jeune garde sénégalaise s’illustre

Après un penalty flagrant oublié sur Mbappé (fauché par Sadio Mané mais refusé par l’arbitre après visionnage de la VAR), la sentence est tombée à la 58e minute. Olise distillait une merveille de passe enroulée pour Kylian Mbappé qui ajustait Édouard Mendy (1-0). Dans la foulée, Nicolas Jackson pensait égaliser, mais son but était logiquement refusé pour un hors-jeu.

En fin de match, le coaching français enfonçait le clou. Entré en jeu à la place de Dembélé, Bradley Barcola profitait de la fatigue des défenseurs sénégalais pour inscrire le but du break à la 82e minute (2-0).

Le Sénégal refusait pourtant d’abdiquer. Dans le temps additionnel (90+5e), le jeune crack de 18 ans, Ibrahim Mbaye, réduisait le score d’une frappe puissante et rageuse (2-1), redonnant un immense espoir au peuple vert-rouge-jaune. Mais la joie fut de courte durée. Une minute plus tard, Kylian Mbappé, d’un coup de génie absolu de l’extérieur de la surface, nettoyait la lucarne de Mendy (3-1). Un but historique pour le Bondynois, qui devenait ce jour-là le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avec 58 réalisations, dépassant Olivier Giroud.

Les enseignements pour les Lions : Interdiction de flancher contre la Norvège

Le score final (3-1) est lourd et cruel pour le Sénégal, qui aura payé cash son manque de réalisme en première période et ses sautes de concentration face aux ajustements tactiques adverses. Les Lions ont prouvé qu’ils avaient le niveau pour rivaliser avec les plus grands, mais le haut niveau ne pardonne aucun temps faible.

Rien n’est perdu dans ce groupe. Si la France prend une option sur la qualification, le prochain match face à la Norvège devient d’ores et déjà une finale pour les hommes de Pape Thiaw. Il faudra garder la discipline de la première mi-temps et retrouver l’instinct tueur devant le but pour poursuivre l’aventure mondiale. Rien n’est fini, Gaindé !

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