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Champion d’Afrique 2025 avec l’équipe nationale du Sénégal, Chérif Ndiaye (15 sélections, 4 buts) évoque ce sacre en janvier dernier au Maroc, dans cet entretien exclusif accordé à votre canard préféré RECORD. L’attaquant vedette de Samsunspor, club évoluant en SüperLig (D1 turque), aborde également divers autres sujets comme le championnat turc, la Coupe du monde 2026 et son avenir.

Après deux brillantes saisons à l’Étoile Rouge de Belgrade où vous avez terminé meilleur buteur de la SuperLiga serbe avec 19 rejoint, vous avez rejoint Samsunspor en septembre 2025 pour un contrat de 4 ans. Comment s’est passée votre intégration dans ce nouveau projet, et qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre ce club turc ?

Franchement, je me suis adapté très rapidement. À mon arrivée, j’ai trouvé un groupe et un staff qui m’ont mis dans les meilleures conditions. Après mes performances en Serbie, je voulais passer un cap. Le club de Samsunspor est un projet ambitieux et moi j’aime les défis. Je suis venu ici pour continuer à performer et aider le club à atteindre ses objectifs.

Samsunspor vous a confié un rôle de leader offensif. On vous voit de plus en plus décisif dans les grands rendez-vous, notamment en Coupe d’Europe. Comment décrivez-vous votre progression, cette saison, et qu’est-ce que ce projet turc vous apporte humainement et sportivement ?

Je pense que ma progression, cette saison, se voit surtout dans ma maturité et ma capacité à être décisif dans les moments clés. Aujourd’hui, je comprends mieux le jeu et je gère mieux les temps forts et les temps faibles. J’apporte plus qu’avant, j’ai progressé, pas seulement devant les buts, mais également dans le collectif. Le club me donne des responsabilités et j’assume ce rôle de leader offensif. Je pense que tactiquement, j’ai franchi un cap et humainement aussi.

Vous avez disputé votre première CAN au Maroc avec les Lions. Quelle a été l’ambiance tout au long du tournoi, et quels souvenirs gardez-vous de cette compétition notamment de la finale ?

Ma première CAN a été une expérience incroyable. Il y avait une grande solidarité dans le groupe, une bonne ambiance dans les vestiaires. C’est un bon groupe, on était comme une famille du début à la fin. Personnellement, moi je retiens la finale ; c’était un moment intense avec un scénario incroyable. Ces moments seront gravés dans ma mémoire, dans ma tête. C’est une expérience qui va sans doute nous faire grandir. C’est un rêve qui se réalise d’être champion d’Afrique avec mon pays. Le plaisir que cela nous donne, être dans l’histoire et donner de la joie à son peuple…

La fameuse 97e minute, le penalty, la sortie du terrain, le retour, et cette victoire 1-0 sur le terrain… Comment avez-vous vécu cela de l’intérieur ?

Honnêtement cette 97e minute, c’est difficile à décrire. Tout est allé vite mais de temps en temps on avait l’impression que le temps s’arrêtait. Il y a le penalty, la tension était énorme, chaque détail compte et à ce moment, tu joues avec les émotions. Mais, on devait rester lucides, c’était très intense. Beaucoup pour moi en très peu de temps. Nous devions nous concentrer pour gagner. Nous l’avons fait et nous avons gagné. Après le match, il y avait de la joie. Ce qui est sûr et c’était important, nous sommes restés unis jusqu’à la fin.

Deux mois après la finale, le Jury d’appel de la CAF a renversé le résultat et attribué le titre au Maroc avec une 3-0 sur tapis vert en invoquant l’article 82. Le Sénégal a saisi le TAS. Comment avez-vous pris cette décision ?

Pour dire vrai, c’est une décision qui est difficile à avaler parce que sur le terrain nous avons tout donné et nous avons gagné. Nous respectons les décisions mais humainement cela laisse un goût particulier. Je suis fier du groupe, de ce que nous avons réalisé dans cette coupe d’Afrique. Officiellement ou pas, nous sommes champions d’Afrique sur le terrain et je suis sûr que nos autorités vont gérer cette situation. Ce qu’on a vécu reste gravé et maintenant on avance.

Ce dénouement a été un choc pour tout un pays. Certains parlent d’injustice sportive, d’autres de erreur de gestion collective, ce soir-là. Avec du recul, y avait-il une façon d’éviter cette situation. Que pensez-vous de la position de la CAF dans ce dossier ?

C’est vrai que cela a été un choc, pas seulement pour nous mais tout un pays. Derrière un match comme ça, il y a eu beaucoup d’émotions, des sacrifices et une vraie connexion avec le peuple sénégalais. Donc, avec du recul, peut-être qu’il y a des choses à mieux gérer mais dans une finale tout va très vite. Nous respectons la décision même si c’est difficile à avaler. Mais heureusement la Fédération sénégalaise de football a saisi le TAS (Tribunal arbitral du sport), on fait confiance au processus. Nous allons rester concentrés sur le travail et sur le terrain.

Le Sénégal se prépare pour la Coupe du monde 2026 qui démarre dans un peu moins de six semaines aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Quelle est l’ambiance dans le groupe autour de cette compétition ?

En direction de la Coupe du monde, l’ambiance dans le groupe est très positive, agréable avec beaucoup de détermination. Je sais que cette CAN nous a beaucoup marqués, elle nous a surtout renforcés mentalement. Aujourd’hui, nous sommes encore plus unis et concentrés sur nos objectifs pour la Coupe du monde 2026. Tout le monde est impliqué et nous savons que nous serons attendus à cette Coupe du monde.

Personnellement, quels sont vos objectifs pour cette Coupe du monde, et jusqu’où croyez-vous que le Sénégal peut aller loin dans ce tournoi, où l’on retrouve les meilleures sélections mondiales ?

Mon objectif, c’est d’être décisif et d’apporter le maximum à l’équipe. Que ce soit par des buts, le travail ou l’état d’esprit. Comme on dit, dans une Coupe du monde, chaque détail compte. Je veux être prêt à répondre présent dans les moments importants. Collectivement, on a un groupe avec beaucoup de qualité, d’expérience et de caractère. Nous respectons les grandes nations mais nous n’avons peur de personne. Si nous restons unis, disciplinés et ambitieux, je suis convaincu qu’on peut aller loin dans cette compétition.

Vous avez 30 ans, votre contrat à Samsunspor court jusqu’en 2029 et votre valeur marchande est estimée à 5 millions d’euros (3,3 milliards FCFA). Le mercato estival approche. Y a-t-il des sollicitations d’autres clubs, et quelles ambitions sportives vous fixez-vous pour la prochaine étape de votre carrière ?

Aujourd’hui, je suis concentré avec mon club Samsunspor. C’est ici que je donne tout. Après, dans le football, quand on performe, il y a toujours des sollicitations. Moi, je veux continuer à progresser, jouer au plus haut niveau et être décisif partout où je passe. L’objectif est de viser toujours plus haut.

À 30 ans, un attaquant entre dans la phase la plus mûre de sa carrière. Vous êtes passé par la Belgique, la Chine, la Turquie, la Serbie… Quel regard portez-vous sur votre parcours, et quel héritage voulez-vous laisser à Samsunspor, en équipe nationale mais aussi au Sénégal où tout a commencé ?

Mon parcours est une histoire de travail, de sacrifice, et d’apprentissage. J’ai connu plusieurs pays, plusieurs cultures et chaque étape m’a forgé. Rien n’a été donné, tout a été construit. Donc, aujourd’hui, à 30 ans, je veux transmettre mon expérience. Je veux être plus qu’un joueur de football, je veux être un modèle, un leader pour les jeunes. Donc, je dirais qu’aujourd’hui je suis fier de mon parcours. Parce que chaque étape m’a construit. Aujourd’hui, l’héritage que je veux laisser aux plus jeunes notamment ceux du Sénégal, c’est simple : on peut partir de rien dans le football et atteindre le haut niveau avec du courage, de la détermination. Notre principal objectif est surtout de rendre fier mon pays le Sénégal.

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