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L’annonce de la nomination de Patrick Vieira à la tête de l’équipe nationale du Sénégal intervient dans un climat particulièrement lourd. À tel point qu’une question brûle toutes les lèvres : l’ancien capitaine de l’équipe de France dirigera-t-il réellement un jour les Gaindé ?

Si l’arrivée du technicien de 50 ans a été officialisée par la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), aucun contrat n’a encore été signé et la date de sa présentation officielle demeure inconnue. La FSF, engluée dans des remous internes, a précisé que les discussions portant sur les « arrangements administratifs et contractuels » se poursuivent.

Choisi à l’unanimité lundi dernier lors du comité exécutif pour succéder à Pape Thiaw (devant des profils comme Patrick Kluivert), Vieira s’installe pourtant dans un fauteuil très instable.

Bras de fer avec Pape Thiaw et décision imminente du TAS

Le départ de son prédécesseur continue de faire des vagues. Limogé après l’élimination face à la Belgique lors de la Coupe du Monde, Pape Thiaw est parti sans que le gouvernement sénégalais — qui finance le salaire du sélectionneur — n’ait formellement avalisé cette rupture. L’ex-sélectionneur réclamerait ainsi plusieurs mois d’impayés et des primes non versées, pour un montant global avoisinant les 815 000 dollars (environ 500 millions de FCFA).

Parallèlement, la FSF retient son souffle : le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) doit rendre sa décision d’ici ce vendredi concernant le recours déposé par Mady Touré, contestant l’élection du président Abdoulaye Fall survenue en août dernier. Un verdict favorable à l’opposant remettrait directement en cause la légitimité de la direction actuelle, et par ricochet, l’accord passé avec Vieira.

Isolée, sans soutien affirmé du gouvernement ni d’une grande partie du public, la Fédération devait pourtant faire vite. L’échéance des éliminatoires de la CAN 2027 approche à grands pas, avec un déplacement périlleux au Mozambique le 23 septembre pour la 1ère journée du Groupe J, suivi de la réception de l’Éthiopie.

Le grand retour de l’enfant du pays

Au-delà de la politique, la signature de Vieira revêt un symbole fort. Né à Dakar en juin 1976 d’une mère cap-verdienne et d’un père gabonais, il a usé ses premiers crampons dans les rues de la capitale jusqu’à ses 8 ans avant de s’envoler pour la France. Devenu une légende d’Arsenal et champion du monde 1998, il n’avait croisé le Sénégal qu’une seule fois en tant que joueur : lors du mythique match d’ouverture du Mondial 2002 (victoire 1-0 des Lions).

Mais Patrick Vieira n’a jamais coupé le cordon. Co-fondateur de l’institut Diambars à Saly, il a contribué à façonner les fondations des récents succès nationaux. Des cadres comme Idrissa Gana Gueye, Bamba Dieng ou Abdoulaye Seck sont tous issus de cette académie.

Un bilan de coach en demi-teinte pour un chantier immense

Sur le banc, le défi est monumental : réussir la transition générationnelle après l’âge d’or des Sadio Mané, Kalidou Koulibaly ou Edouard Mendy. Si la liste des prétendants comportait aussi Habib Beye, Oumar Daf ou Patrice Carteron, le choix s’est porté sur l’ancien Niçois.

Pourtant, le CV d’entraîneur de Vieira reste mitigé. Après des débuts corrects au New York City FC et à Nice, son passage à Crystal Palace s’est achevé sur un limogeage en mars 2023 après 11 matchs sans victoire. Sa dernière expérience au Genoa s’est également conclue prématurément en novembre dernier, laissant le club italien lanterne rouge de Serie A.

Entre l’incertitude juridique au sommet de la FSF, les réclamations financières de Pape Thiaw et l’urgence des résultats sportifs, le retour aux sources de Patrick Vieira s’annonce bien plus agité que prévu.

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