Le contentieux opposant le Sénégal au Maroc continue d’alimenter les débats, après la décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) ayant conduit au retrait du trophée au profit des Marocains.
Mais du côté sénégalais, la riposte s’organise avec un recours annoncé devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), et plusieurs éléments solides plaident en faveur des Lions.
La force des arguments sportifs
L’arbitre, seule autorité du jeu
Premier point central : l’autorité de l’arbitre.
Dans les lois du football, l’arbitre central reste le seul juge des faits sur le terrain. En ordonnant la reprise du match après l’incident, il a de facto validé le retour des joueurs sénégalais.
Cette décision affaiblit considérablement toute tentative de requalification ultérieure en infraction grave. En clair, si le match a repris, c’est qu’il était considéré comme régulièrement poursuivi.
Un “forfait” juridiquement contestable
Autre point clé : la notion de forfait.
L’argument sénégalais est simple et redoutable : un forfait (souvent lié à l’article 84) s’applique à un match qui n’est pas allé à son terme.
Or ici, le match a repris, et il s’est terminé normalement sur le terrain.
Dans ces conditions, annuler le résultat a posteriori apparaît comme juridiquement incohérent, voire fragile devant une juridiction comme le TAS.
Les failles procédurales côté marocain
L’absence de réserve technique
Dans les règlements, toute contestation doit suivre une procédure stricte. Le capitaine du Maroc devait déposer une réserve technique officielle avant la reprise du jeu.
Sans cette démarche le Maroc est considéré comme ayant accepté la poursuite du match, et toute contestation ultérieure devient potentiellement irrecevable.
C’est un point souvent décisif devant le TAS, très attaché au respect des procédures.
Interruption ≠ abandon
Enfin, la défense sénégalaise distingue clairement deux notions: interruption temporaire, abandon définitif.
Le retour des joueurs sénégalais sur le terrain requalifie les faits en simple interruption.
Dès lors, appliquer une sanction lourde assimilée à un abandon (comme prévu dans certains cas par l’article 84) devient disproportionné.
Pourquoi le TAS pourrait trancher en faveur du Sénégal
Devant le Tribunal Arbitral du Sport, trois éléments pourraient faire pencher la balance :
- La primauté de la décision arbitrale (le match a repris et s’est terminé)
- L’absence de base juridique solide pour un forfait
- Le non-respect des procédures par la partie adverse
Le TAS est réputé pour privilégier : la cohérence juridique, le respect des règles procédurales, et la proportionnalité des sanctions.
Une issue encore ouverte
Si la décision de la CAF a provoqué l’incompréhension côté sénégalais, le dossier est loin d’être clos.
Au contraire, le recours au TAS pourrait bien rebattre les cartes et offrir au Sénégal une réelle chance de récupérer ce qu’il estime avoir gagné sur le terrain.


























