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Dans l’attente de son permis de travail pour commencer à jouer avec Platinum Stars, son nouveau club sud-africain avec lequel il s’est engagé depuis le 25 février dernier pour un bail jusqu’à la fin de la saison avec une option d’un an, Bouna Coundoul prête aussi une oreille attentive à l’actualité du football sénégalais. Dans cet entretien réalisé le 6 mars 2015, le gardien de but de 33 ans se prononce sur la nomination de Aliou Cissé à la tête de l’Équipe nationale, ses ambitions dans la Premier Soccer League et la suite de sa carrière qu’il n’est pas encore prêt d’arrêter.

Comment avez-vous accueilli la nomination de Aliou Cissé à la tête de l’Équipe nationale et qu’est-ce que vous en pensez ?

Il mérite sa nomination. Il a rampé avec les petites catégories où il a laissé des traces positives. Personne ne peut douter de son expérience, son engagement, son vécu dans la «Tanière» et son amour pour le pays. Personne ne peut non plus nier ce qu’il a fait pour le Sénégal. Je pense que le président Augustin Senghor a fait le bon choix, parce qu’il a toujours amené un entraîneur de qualité. Je le félicite et l’encourage tout en lui souhaitant bonne chance et une bonne réussite.

Qu’est-ce qui devra être son principal chantier après l’échec à la CAN 2015 ?

J’ai disputé deux matches avec Aliou Cissé comme entraîneur, en 2012 en Afrique du Sud (0-0,Ndlr) et au Niger (1-1, Ndlr). J’avais vu en lui un caractère de leader. Il a assez d’expérience comme entraîneur et connaît bien le football sénégalais, mais aussi africain, européen et international d’une façon générale. Il peut beaucoup apporter au football sénégalais. Son expérience de joueur pourra lui servir comme coach. Il sera un entraîneur à l’image du joueur qu’il a été. C’est tout bénef pour l’Équipe nationale. Il a disputé toutes les grandes compétitions. Il a joué en Europe, une finale de Coupe d’Afrique et une Coupe du Monde. Il n’a pas joué les Jeux Olympiques, mais il y a été comme entraîneur (adjoint de Karim Séga Diouf, Ndlr). Il peut donc amener cette touche nécessaire pour la réussite que tout le monde espère pour le football sénégalais.

Je suis sûr qu’il a déjà son plan et sait comment le dérouler. Mais il doit d’abord être soutenu dans sa tâche. Toute la population devra se mobiliser derrière lui pour l’aider à atteindre son objectif. Les anciens joueurs, ceux qui sont actuellement là et les anciens dirigeants, chacun doit jouer son rôle pour l’aider dans sa mission. Aliou Cissé peut nous faire oublier le passé et écrire l’histoire pour la première fois. Le Sénégal figure parmi les meilleures équipes africaines et nous devons donner du crédit au coach sortant, Alain Giresse. Il n’a eu que trois défaites sur plus d’une vingtaine de matches. Nous n’avons encaissé qu’un but pendant les éliminatoires de la CAN 2015. Je pense que c’est un record dans l’histoire du football sénégalais. L’équipe est maintenant bien en place. Elle est déjà prête parce les joueurs ont maintenant la mentalité et l’expérience avec la CAN. Je pense qu’avec le vécu de Aliou Cissé, cela peut beaucoup apporter. Il connaît bien l’Équipe nationale parce qu’il échangeait beaucoup avec Alain Giresse.

Donc, pour vous, Aliou Cissé doit s’inscrire dans la continuité ?

Chaque entraîneur a sa propre vision du football. Dans le passé, le Sénégal jouait le plus souvent en 4-4-2. Mais à sa venue, Alain Giresse a imposé son 3-5-2 et a réussi à qualifier l’Équipe à la CAN 2015. Je ne peux donc pas dire à Aliou Cissé comment il devra jouer. Il a sûrement son plan de jeu en tête et saura comment faire pour avoir de bons résultats.

En tant que leader de cette sélection, que comptez-vous faire pour accompagner Aliou Cissé dans sa mission ?

Je suis un patriote et prêt à tout pour aider mon pays. Je suis toujours actif et compétitif. Si j’ai signé en Afrique du Sud, c’est parce que je veux toujours être apte à jouer au football. Je continue à m’entraîner pour être en forme et pouvoir répondre présent à chaque fois que mon pays aura besoin de moi. Je viens toujours en Équipe nationale avec l’envie d’apporter une touche qui peut nous permettre d’aller loin. Je suis prêt à faire de mon mieux pour aider l’Équipe nationale. J’ai aussi de très bonnes relations avec Aliou Cissé. Après les matches en Égypte (1-0) et le Botswana (3-0), nous avons eu une conversation à l’hôtel King Fahd Palace. Il m’avait conseillé de continuer à pousser et aider les jeunes avec mon expérience. Cela montre tout son patriotisme.

Vous espérez jouer encore combien de temps en Équipe nationale ?

Je ne sais pas encore. Je commence à bien m’intégrer dans mon nouveau club. Bientôt, d’ici une ou deux semaines, je commencerai à jouer quand j’aurai mes papiers. Ici, c’est comme en Angleterre, il me faut un permis de travail pour pouvoir jouer.

Mais pourquoi avoir choisi un club qui est au bas du classement et qui lutte pour le maintien ?

Personne ne choisit son destin. Je pouvais bien rester à Chypre (Ethnikos Achna, Ndlr) parce que j’y avais des propositions. Je pouvais aussi retourner aux États-Unis ou en Finlande. J’avais même des propositions au Portugal. Avant la CAN, un club turc voulait aussi me recruter, mais à condition que j’accepte de mettre une croix sur la CAN. En tant que Sénégalais, c’était impensable que j’abandonne mon équipe, surtout pour un capitaine et à l’orée d’une compétition aussi importante que la Coupe d’Afrique. Avec mon agent, j’ai décidé de rompre mon contrat à Chypre. Platinum Stars m’a fait une proposition que je ne pouvais refuser. Il s’y ajoute que l’Afrique du Sud est de loin le plus avancé en football dans tout le continent. Ce que j’ai trouvé sur place, je ne l’ai pas vu à Chypre. Je suis allé en France, en Angleterre et en Finlande, mais c’est le même niveau sur le plan des installations, voire au-dessus. C’est une chance de venir ici. Pendant la Coupe du Monde 2010, l’Angleterre était basé dans cette ville et s’entraînait dans les installations du club (Royal Bafokeng Stadium, 45 000 places).

Vous n’êtes donc pas allé en Afrique du Sud pour finir votre carrière ?

A 33 ans, je ne suis pas encore proche de la retraite. Actuellement, les meilleurs gardiens de but au monde ont 30 ans ou plus. J’espère encore jouer quelques années. J’ai joué en Amérique et en Europe, mais jamais auparavant en Afrique, excepté avec l’Équipe nationale. Jouer sur le continent africain est une chance, d’autant plus que l’Afrique du Sud a un très bon Championnat où évoluent pratiquement les 90% des joueurs de leur Equipe nationale. Depuis 2012 et avant même la CAN 2015, on me parlait de ce pays, mais je n’y pensais pas encore. Issa Sarr m’en a aussi beaucoup parlé, notamment de l’aspect financier très intéressant. Cela a beaucoup facilité ma décision. C’est un championnat qui a beaucoup de sponsors. Dans la saison, il y a au moins 5 coupes. Cela prouve que, financièrement, c’est un bon Championnat. Même aux États-Unis où j’ai joué pendant très longtemps, il n’y a que deux coupes dans toute l’année.

Quels seront vos objectifs avec Platinum Stars cette saison ?

C’est un début. Je suis un homme de challenge. Dans toutes les équipes où je suis passé, j’ai trouvé une situation difficile, mais j’ai toujours réussi à changer la donne. Le club (14e sur 16 équipes) est dans la zone de relégation (l’entretien a été réalisé le 6 mars 2015, Ndlr) et c’est pour cela que j’ai été recruté parce que leur gardien est parti à Orlando Pirates. J’espère aider l’équipe à remonter la pente et assurer le maintien. Je vise toujours vers l’avant et laisse les résultats parler à ma place. Je donnerai le meilleur de moi pour atteindre cet objectif. Il reste encore 12 à 14 matches et j’espère commencer à jouer le plus tôt possible pour avoir au moins 10 à 12 matches dans les jambes avant la fin de la saison. Dès que je commencerai à m’imposer, tout sera possible. C’est ce que Issa Sarr a fait. Il a joué une saison à Platinum Stars et Orlando Pirates l’a repéré et recruté. Ce sont mes performances qui pourront me permettre de retourner en Europe ou en Amérique. L’entraîneur des gardiens du club connaît mes qualités. Il me suivait pendant les éliminatoires et la Coupe d’Afrique.

Votre nom vous a devancé en Afrique du Sud ?

Le portier du Botswana (Kabelo Dambe, Ndlr) est ici et c’est lui qui joue en ce moment. Il me connaissait déjà avec les éliminatoires et la CAN. Ils étaient heureux à mon arrivée. Ils m’ont un peu taquiné en me disant que c’est le Sénégal qui les a battus 5-0 (2-0 à l’aller et 3-0 au retour). Leur attaquant (Mogakolodi Ngele, Ndlr) joue aussi ici. Ils me demandent aussi pourquoi on n’est pas allé loin dans la dernière CAN. On rigole bien ensemble.

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