Le football sénégalais vient de toucher le fond, non pas sur le terrain, mais dans les couloirs feutrés de ses instances dirigeantes. C’est avec un mélange d’indignation profonde et d’amertume que le peuple des supporters assiste au triste spectacle offert par la Fédération Sénégalaise de Football (FSF). Pour la prochaine journée des éliminatoires de la CAN 2027, le Sénégal — poids lourd du continent, régulièrement sur le podium africain et dans le haut du panier mondial — est incapable d’accueillir le Mozambique sur son propre sol.
Faute d’infrastructure homologuée et disponible, la FSF s’est résolue à l’impensable : écrire officiellement à son homologue mozambicaine pour demander une inversion de la rencontre. Résultat ? Le match aller, qui devait théoriquement se jouer à domicile devant le public sénégalais, devra être disputé à Maputo. Une démarche d’une humiliation rare pour un pays aux ambitions intactes sur la scène internationale.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment une sélection qui rivalise avec les meilleures équipes du continent, juste derrière le Maroc sur l’échiquier africain, et qui aligne des stars mondiales sur les plus grandes pelouses d’Europe, peut-elle se retrouver « Sans Domicile Fixe » à l’heure d’organiser une simple rencontre internationale ? Ce n’est plus seulement de la négligence ; c’est un aveu d’incompétence managériale flagrant. Les travaux de rénovation de nos enceintes sportives stagnent, la planification brille par son absence, et l’anticipation — maître-mot d’une gestion professionnelle — a été purement et simplement piétinée.
Pendant que nos dirigeants parcourent le monde dans le confort des délégations officielles, l’équipe nationale est privée du soutien de son public, et le Sénégal devient la risée des chancelleries sportives du continent. Quémander auprès d’une autre fédération pour masquer ses propres faillites logistiques est une tache indélébile sur le maillot national.
Le public sénégalais mérite du respect, et les joueurs méritent des infrastructures à la hauteur de leur talent. Il est temps que les responsables de ce naufrage organisationnel rendent des comptes. Le football sénégalais ne peut plus se nourrir uniquement de ses performances passées pendant que ses fondations s’effondrent sous le poids de l’amateurisme.

























