Après quatorze journées de championnat, les choses sont toujours aussi serrées en Ligue 1 où le suspense règne en maître. Et la pression ne tombera sans doute pas de si tôt.
La première partie de la saison a offert un suspense fou et prévoit une seconde partie très indécise. Dans une course à rebondissements quotidiens, il est évident que les cartes sont loin d’avoir été jouées après quatorze journées ; loin de là. Et les choses s’annoncent beaucoup plus compliquées pour certaines équipes, et moins aisées pour d’autres. En haut du classement, la course pour le titre est encore plus acharnée ; en bas du tableau, la bataille pour le maintien plus stressante que jamais.
Mathématiquement, autant aucune équipe n’est sûre de terminer champion, autant aucune autre n’est condamnée à la descente aux enfers, même si l’Asc Yeggo semble en manque d’armes pour résister à l’appel des sirènes de Ligue 2. En effet, il faut un miraculeux sursaut pour voir l’équipe des Sicap, qui n’a remporté qu’une seule victoire depuis le début de la saison, changer le cours du destin. Cependant, les « Vert » peuvent encore y croire tant la Ligue 1 ne cesse de multiplier les surprises.
Le début de la phase retour semble déjà donner du crédit aux prêches des techniciens et autres observateurs dans leur conviction que l’ultime étape du champion sera encore beaucoup plus rude et aussi indécise que l’a été la première manche. L’entraîneur de l’Olympique de Ngor, Sidath Sarr, n’en doute pas une seconde : « La phase retour va être encore plus difficile. Aujourd’hui, personne n’est en mesure de dire quelle équipe va être championne et quelle autre va descendre en Ligue 2. Les choses vont donc être beaucoup plus serrées, le jeu sera plus fermé, parce qu’aucune équipe ne voudra se découvrir ou prendre certains risques ». Les résultats de la première journée du second acte sonnent alors comme une évidence. Cinq résultats de parité en sept rencontres, un énième changement de leader, un mouvement dans la zone de relégation, ce 14ème tour laisse transparaître les signes d’une suite plus qu’alambiquée, le calendrier risquant d’intensifier les incertitudes et de compliquer davantage la situation de certaines équipes. Face aux contraintes de terminer le championnat avant la Coupe du monde, l’inquiétude de la densité du programme avec les matches de la Coupe de la Ligue et la Coupe du Sénégal reste grande.
Gare à la surcharge
La surcharge menace de peser très lourd. Déjà très intense, la pression prendra, à coup sûr, des détours mortels au fil des semaines. Dans ce climat d’incertitudes, les équipes les moins loties risquent de laisser des plumes face au volume très élevé des matches. « Les équipes doivent pouvoir disposer d’éléments athlétiques physiquement prêts pour pouvoir faire face à ces différentes compétitions. Celles qui n’auront pas un effectif de qualité et des joueurs tactiquement et techniquement prêts risquent de pâtir de cette situation. Il faudra aussi être capable de gérer cet effectif par rapport aux cartons et aux blessures pour arriver à la fin de la phase retour dans les dispositions idoines de prétendre au titre », pense l’ancien entraîneur de Niarry Tally, Abdoulaye Diaw. Le compte à rebours a donc déjà démarré. Et si près si loin de la fin, le moindre signe de faiblesse risque de se payer cash. Si l’on sait que seuls six points séparent le leader, l’As Pikine, du septième, le Stade de Mbour, et autant entre la lanterne rouge, Yeggo, et le premier non relégable, le Casa Sports, on comprend mieux. Le championnat ne fait que commencer.
Lesoleil