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Au Maroc depuis 2012, Ass Mandaw Sy (25 ans, 1m91, 86Kg) a fini de s’imposer dans le Championnat chérifien où il fait figure de titulaire avec le Fath Union Sport (FUS) de Rabat. Ce soir, en quart de finale de la Coupe du Maroc, il se déplace sur le terrain de l’Olympique Safi de Fidel Gomis et Ibrahima Diop, deux anciens du Jaraaf. Comme eux, beaucoup de joueurs sénégalais privilégient de plus en plus la destination du Maroc, à l’instar de Dieylani Fall qui a récemment rejoint les rangs du Wydad Casablanca. Après deux ans dans le Bolota Pro 1, l’ancien défenseur et capitaine de NGB (Niary-Tally), présent au CHAN 2011 au Soudan, vainqueur du tournoi de l’UEMOA la même année à Dakar et présélectionné en Équipe nationale par Joseph Koto en 2012, se rappelle au bon souvenir de nos lecteurs.

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Vous entamez votre troisième saison au Maroc. Comment cela se passe pour vous ?

L’adaptation a été difficile, surtout avec la langue. Il y avait le capitaine de l’équipe et un international marocain qui jouaient dans l’axe. Je suis resté sur le banc pendant les trois premiers matches. Mais quand on m’a donné ma chance, je ne suis plus sorti du onze de départ. Depuis que je suis là, j’ai marqué 6 buts. Je me sens maintenant comme en famille. C’est comme si je suis toujours à Niary-Tally. Je suis titulaire et troisième capitaine de l’équipe. Nous avons terminé troisième lors des deux dernières saisons. Actuellement, on est huitième après cinq journées (à quatre points du leader, Olympique Khouribga, Ndlr) et l’équipe s’est qualifiée en quart de finale de la Coupe du Maroc.

Quelles étaient vos difficultés au début ?

J’accusais un peu de retard parce que contrairement à Dakar où l’on joue sur du synthétique (Demba Diop), les pelouses sont en gazon naturel au Maroc, ce qui fait que le jeu est beaucoup plus rapide. En plus, les Marocains sont plus souples et le ballon circule bien. Au Sénégal, on peut jouer même sans être au top de sa forme, mais avec la vitesse d’exécution dans le championnat marocain, il faut nécessairement une bonne capacité de réaction. J’ai progressé techniquement et surtout physiquement pour m’adapter. Je faisais deux séances d’entraînement par jour. Ici, les entraîneurs vous disent qu’ils n’ont pas besoin de prendre un étranger qui est au même niveau (physique) que les joueurs locaux. Vous devez être un cran au-dessus.

 «Ici, les entraîneurs vous disent qu’ils n’ont pas besoin de prendre un étranger qui est au même niveau (physique) que les joueurs locaux»

Pourquoi avez-vous choisi le Maroc ?

Financièrement, le pays offre plus d’avantages que beaucoup d’équipes de Ligue 2 française ou européennes. Les clubs paient souvent plus que certaines formations de Ligue 2 ou de National. J’avais des propositions, mais j’ai réalisé que le Maroc était le meilleur choix à ce moment-là. J’avais signé pour 4 ans et il me reste un an et demi de contrat. Mais je pense bien que c’est ma dernière année au Maroc. Au bout de deux ans, j’avais des contacts, sauf que mon club n’a pas voulu me laisser partir. Mais d’ici la fin de saison, ils seront obligés de me laisser partir parce qu’ils n’auront pas le choix. Il me restera encore un an de bail, mais un joueur est libre de partir six mois avant la fin de son contrat.

De quels pays provenaient ces offres ?

J’avais des touches dans les pays du Golfe, notamment aux Émirats Arabes Unis, mais aussi en Afrique du Sud où j’étais parti visiter les installations et passer la visite médicale. J’en avais aussi en Liga Adelante (deuxième division espagnole), mais à chaque fois, les négociations n’ont pas abouti entre les clubs.

Qu’est-ce qui explique que les Sénégalais privilégient de plus en plus le Maroc ?

Peut-être que c’est à cause du niveau du championnat. En plus, c’est beaucoup plus intéressant financièrement. Il y a quatre ou cinq clubs qui paient plus que certaines équipes de Ligue 2 en France. Maintenant, il y a beaucoup de Franco-marocains qui sont rentrés pour jouer dans le Championnat.

«Certains joueurs ont des salaires plus élevés que le budget de certains clubs sénégalais»

Quelle est la différence avec le Championnat sénégalais ?

Les clubs marocains sont plus professionnels. Le pays a aussi beaucoup plus d’infrastructures. Au Sénégal, on crie un scandale quand un joueur a un salaire de 200 000 FCfa. Ici, c’est l’équivalent des primes de match. Je ne parle pas des victoires, mais même en cas de match nul à l’extérieur, on a parfois plus de 200 000 FCfa. Financièrement, il n’y a pas photo. Même les espoirs de 18 – 19 ans qui viennent de monter ont au minium 15 000 Dirhams, presque un million FCfa. Les internationaux touchent plusieurs millions. Certains joueurs étrangers ont des salaires plus élevés que le budget de certains clubs sénégalais, à plus forte raison les internationaux marocains. Certains joueurs ont une prime de rendement, c’est-à-dire qu’à la fin de la saison, il y a une somme annuelle qui est versée aux footballeurs.

Le football marocain ressemble-t-il au jeu des Égyptiens que les «Lions» rencontrent lors de leur prochain match dans les éliminatoires de la CAN 2015 ?

Toutes les équipes maghrébines pratiquent presque le même jeu. On se rencontre souvent dans les compétitions arabes ou en matches amicaux. Quand elles savent qu’elles sont moyennes, elles font tout pour tuer le jeu, tricher et gâcher le match. Quand l’adversaire essaie d’élever le jeu, il y a toujours deux ou trois joueurs qui tombent pour casser le rythme. C’est ce que la Tunisie a fait contre le Sénégal qui était beaucoup plus fort. Elles cherchent à avoir des balles arrêtées et forcent l’arbitre à siffler des fautes pour les exploiter. Elles jouent sur un faux rythme et essaient de surprendre l’adversaire. L’Égypte joue de la même façon.

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